01 octobre 2007

 

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C'était à coté du petit vendeur de bières/tabac ecke Litznieger et Wiener Strasse... il faut voir cet endroit. Nous sommes à 10 mètres du parc de Gorlitzer et la rue hésite comme un pendule entre bourgeoisie allemande néo-bohème, population turque et allemands de "basse extraction" ("bass extraction" ?). Des immeubles anciens et bourgeois au parquet épais, des bâtiments années 80 au béton gris noir. Entre deux punks à anneaux dans le nez, deux jolies branchées à vélo et quelques mômes qui jouent au foot sur le trottoir (et sous la pluie), des bosches au regard lavasse et aux cheveux filaires qui se saoulent dans et devant le Kneippe. Ils portent des décénies de vie difficile sur leurs épaules, des cernes noirs comme la fumée des usines qui ne tournent plus, des peaux frippées comme du papier à cigarette oublié dans une poche, des corps tordus par une vie où l'on ne se repose jamais.
Et puis trois clodos, dos au mur, bouteilles à la main. Elle imite la nage avec ses bras en soufflant dans une eau imaginaire, l'autre rit, incapable de prononcer un mot, les sombres trous de sa dentition qui me sautent au visage. Le gars chauve s'enfile une longue longue goulée de sa Berliner Pils. Il parle longuement d'un air sentencieux puis fait silence autour de lui. J'entends alors distinctement

"isst mein Schwanz*"

Et tout le monde de rire de plus belle, accent canaille garanti. Je passe mon chemin, notant avec fierté comme j'ai progressé un un mois.



* "bouffe ma bîte" me semble une meilleure traduction que le (désopilant) "ma queue mange" de Google Trad.

27 septembre 2007

 

Vanité des bois creux

pourquoi cette lumière blanche... on y distingue plus rien ! On s'entend plus dans ce ciel uniforme.... L'automne putain Django ! Déjà ? Pourquoi on t'entends pas ? t'es tout crevé c'est vrai ! et ça fait longtemps....

écoute un peu, "vanité des bois creux", fais comme moi, plusieurs fois par jours, ou même une dizaine de fois l'heure. ca dilue l'blanc. ça colore. c'est pas triste ou gai, c'est purement vivant. on voit des génériques de films qu'on a jamais vu, avec des hirondelles qui font la circulation dans les grands ensembles et les vespas qui rasent...

écoute tu verra, ça marche


http://www.myspace.com/ludovicdebeurme

PS les dessins aussi... pour sûr, mais on en parlera plus tard

25 septembre 2007

 

Berlin : Sinfonie einer gross Stadt

Suis tombé sur ce film de 1927 lors de mes recherches pour mon "berliner Projekt". C'est ici une oeuvre de base, très connnue, une tarte à la crème, un indispensable, toujours joué dans les salles et projeté aux étudiants. La jeunesse berlinoise baille d'ennui à sa simple évocation. C'est un peu comme de dire "Einstürzende Neubauten", au mieux vous récupérez des sourires moqueurs et sceptiques, au pire une volée de décrochages machoriaux ostensibles.

Mais c'est un film tout à fait fascinant. 1h30 environ. pas un mot, pas un acteur. Ni un docu, ni une fiction. Une symphonie et rien d'autre. La petite musique du monde berlinois en image... Un simple enchaînement de scènes de ville et de process industriels divers, entrecoupés de plans géométriques et architecturaux avec un regard froid et formel qui cherche toujours le cadre parfait, la ligne harmonieuse et brutale à la fois, la forme épurée et bauhaussienne à même le monde. "Sinfonie..." a été critiqué pour sa vision "d'entomologiste en visite au Kombinat" de la chose berlinoise : il n'accorde pas plus de valeur à la distribution du lait qu'au mannequin en vitrine, qu'au SDF à moitié mort ou aux rues décaties, ou aux jolies filles en terrasse des cafés. Pas la moindre critique sociale. Tout y est process et mouvement. L'argument est recevable. Le film est un peu long, faute de se trouver un autre rythme que celui de cette passion formelle, de cette ivresse du cadre et du montage.
Ca n'en est pas moins une perle. La scène introductive avec son train qui traverse la campagne puis la banlieue puis la ville, sa musique angoissante et théâtrale, pleine d'une sorte de foi en sa propre puissance, dépourvue de tout cynisme, m'a fait beaucoup d'effet. Edmund Meisel le compositeur fût parait-il conspué pour son "score" par les critiques de l'époque.
Accrochée au montage comme une sangsue, pistonant le réel avec ses percussions lourdes, ses pianos graves et vrillants, ses effets de frappes (c'est une Klang Sinfonie), elle particpe à cette sublimation du réel, à cette fascination pour l'immense, le nouveau;, le moderne, le technologique, les superstructures des affaires humaines (un discours que je vois à l'inverse exact du Metropolis de Lang), qui est une des marques de fabrique du jeune 20e siècle. Dans le droit fil futuriste, constructiviste, tous ces trucs en iste.

Notre mission : essayer de retrouver quelques-unes de ces critiques rageuses publiées à l'époque (via la cinémathek) pour prendre le poul de Weimar face à son avant-garde.


PS : le film peut se visionner ici :


http://video.google.com/videoplay?docid=-4999307054874717032

24 septembre 2007

 

Gorlitzer Park - évocation sonore

Crissement des roulettes un peu rouillées des poussettes de jeunes mamans turques voilées. Leurs chaussures à gros talons moches écrasent les gravillons. Vrombissement d'un sound system lointain. Basses. Cris d'enfants. Flop flop d'un cerf-volant. Pong du club de golf du torse-nu à dread-locks. Club en fer, balle en plastique. Palabres africaines sur un banc. voix rauques, gouailleuses et colériques. Guêpes comme des Microbombardiers. Cliquetis réglé comme une horloge suisse du vélo-dragster de l'ado au t-shirt vert. Glissement des pneus. Choc entre des bouteilles de verre, plus nombreuses que les usagers. Colier du chien avec un grelot. Aboiement au loin, sifflement du maître. Un gamin sur son mini mountain bike rase un landeau à grands coups de sonnette. Au loin à l'est, hurlements de dépi et exclamations autour du match de foot. Sifflet de l'arbitre. Claquement de crocs sur un frisbee vert. Silence lascif de l'homme torse-nu caressé doucement par sa compagne. Applaudissements répétés. Où est le jongleur ? Un âne braie. Un enfant tape avec un baton sur les grilles d'un ancien escalier d'accès, laissé là au milieu du parc, comme une dent creuse dont on aurait fait un pendentif. (En face à quelques mètres, quelques résidus bétonneux du couloir qui devait joindre cet escalier, rongés presque jusqu'au sol, rasés comme de vieilles molaires abandonnées. est-ce tout ce qui reste de la gare de Gorlitzer ?). Des oiseaux exotiques. Appeaux ? Imitations électroniques ? Pas le moindre djembé. je répète : aucun djembé. Le grondement de la ville, les rues adjacentes qui rugissent de manière intermittente. L'âne encore. Un avion qui vrille l'air.

20 septembre 2007

 

37

vendredi 14 septembre suis rentré comme tous les jours vers 12h45/13h de mon cours d'allemand, après un petit passage, comme tous les vendredi par le marché turc de Maybachufer. Je trouve la porte ouverte. Sur la table de la cuisine, un gateau. Sur le gateau 37 bougies. Tout autour de la table, et un peu partout dans l'appartement, loi de l'entropie aidant, des ballons de toutes les couleurs, et même certains en forme de coeur. Sur un papier "happy birthday" écrit au marqueur bleu. A droite de la table, Bibo, le chien fou de Lina tout excité par les ballons (il adore les faire sauter à coup de crocs). Derrière Bibo, Lina l'air presque timide qui me chante un bon vieux happy birthday.
Depuis combien de temps n'avais-je pas eu de ballons à mon anniversaire ?

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