30 septembre 2011
The Quietus
Suis séduit par le Quietus, publication musicale pointue. Je ne partage pas toujours leurs opinions, leurs choix etc. Mais le fond y est
http://thequietus.com/
L'article très clair et sans bullshit technique sur les horreurs sonico-commerciales du Mastering (la course à l'armement du "c'est moi qui ai le plus gros son"), est une merveille du genre.
http://thequietus.com/
L'article très clair et sans bullshit technique sur les horreurs sonico-commerciales du Mastering (la course à l'armement du "c'est moi qui ai le plus gros son"), est une merveille du genre.
08 septembre 2011
Barrissent les manchots
Princes ottomans et syncrétismes antéculturels de Göbekli Tepe, raffinements de la sublime porte, stambouliotes et gens de Kars la neigeuse, d'où, de quel divin nombril peut donc sortir cet impensable mélange de psychédélisme wahwah et d'orientalisme ? D'où vient cette lancinante et lascive vague d'amourzenfumés ? Sont-ce les percussions ou bien l'Oud électrique qui abreuvent nos esprits à la source commune, à la vulgivaga de l'Amour-vrai ? Oh je vois un ashram sur le Bosphore même, où nous vivrons nus et dialpiderons notre éternelle jeunesse dans des boeufs plus interminables que les nuits des pyramides sur quelque petit vapur loué à un marchand de Bien pour l'occasion, nous nous y épancherons langoureusement sur des tapis perses et feront tourner le bong d'améthyste et d'ivoire, nos yeux rougis par l'épaisse sensualité de l'amour collectif, nos peaux dorées par le soleil levant qui dardera ses rayons fougueux sur la vieille Sainte Sophie. Et le Styx même coulera à l'envers, déversant sur nous jusqu'aux plus cruelles de nos divinités oubliées pour une mascarade qui n'aura pas de fin. A moi !
14 août 2011
Control, Die Antwoord, Nomad's Land
Spoek Mathambo est le premier noir africain que je connaisse qui ai repris Joy Division, et j'en ai eu des frissons, 2011, année de naissance de l'Afro-goth, at last... c'était dans cette affaire berlinoise, cet afro-germanisme naissant depuis la terre brandebourgeoise (Hardwax, basic channel et al. en droite ligne depuis le kraftwerk/master flash des années 70) qui m'avait peut-être le plus motivé sur le plan de l'imaginaire politique... Il faudrait consacrer un jour quelque chose au contre-pillage de la culture blanche par les noirs, qui souvent en venant se servir dans les étalages de la culture européenne cherchent à être étrangers chez eux, étrangers dans leur propre langue disait Gillou. Retour d'influence, de Manchester vers l'Afrique du sud. Seb K m'avait déjà donné du fil à retordre à ce sujet, l'Afrique du Sud, en m'envoyant des clips de Die Antwoord, que j'avais trouvé disons à la fois remuants et vains, ce qui est déjà pas mal. Spoek lèche un poil trop ses clips à mon goût (pas de sophistication indigente white trash dans son afro-goth, évidemment. mais là on frise le publicitaire sur son Control) mais il envoie quelque chose d'heureux sur la géopolitique désirante, de la pure basse mastar qui déchire (war on words) et tout un sens du remue-ménage, tout un darkness à qui on la fait pas, qui tiendrait presque du Tricky sous emphétamines (sous extasy).
De l'Afrique du Sud, selon un article du Courrier Interntional, les antwoord disent que c'est une "putain de salade de fruit". L'accent du guignol en short pink floyd possède effectivement le sel de la grosse salade créole. le blanc créolisé est autant l'avenir que la grosse basse, je veux dire autant signe de l'élévation de la pensée vers le mouvement, l'entropie, le nouveau don du nouveau, c'est encore Gillou qui parle.
Chanteur : "die fuckin antwoord !"
journaliste : what does that mean ?
Chanteur : "the answer"
Journaliste : "the answer to what ?"
Chanteur : ".... whatever man"
La chanteuse est secrètement folle de moi, évidemment.
Au moment où je tombais sur toute cette joyeuse énergie de la jeunesse des antipodes, les hasards de mes recherches persos me faisaient buter sur une vieille revue musicale des années 90, , Nomads Land, que je ne connaissais pas (plus ou moins acoquinée au regretté Octopus semble-t-il).
Google livre a numérisé ces vieux papelards, sans restriction de droits je crois.
On y trouve un long article de Kodo Eshwun, le théoricien de l'Afrofuturisme (de Sun Ra à la jungle anglaise) qui justement traite des apports blancs à la musique noire, de l'importance du concept de kidnapping par des aliens pour les auteurs noirs américains de SF, mais aussi les noirs américains tout court (leurs ancêtres furent effectivement kidnappés par des aliens), et d'une réponse musicale à l'humanisme abstrait et universaliste de ces gens qui les ont envoyé couper du coton en Amérique (je veux dire nous, enfin nos héros nationaux)...
Eshwun laisse affleurer l'idée de quelque chose comme un créolisme généralisé, seul pendant un peu heureux au glacis en cours des identités sous l'homogénisation en temps réel de notre super nouveau monde numérique global.
Enfin je me comprends.
Nomads Land en tout cas était une putain de revue toute emplie d'une sorte de cyber-innocence critique et d'une érudition assez folle, et sa lecture tardive m'aurait presque foutu des frissons, et je suis confus de ne l'avoir point connu à l'époque, j'aurais été moins con.
http://books.google.com/books?id=aAmURUgYT1YC&lpg=PP1&hl=fr&pg=PP1#v=onepage&q&f=false
Et pour ce genre de chose, Google Books est une bénédiction, ni plus ni moins.
PS - spéciale dédicace à Estelle "mais ça me fait rien votre truc" L.
De l'Afrique du Sud, selon un article du Courrier Interntional, les antwoord disent que c'est une "putain de salade de fruit". L'accent du guignol en short pink floyd possède effectivement le sel de la grosse salade créole. le blanc créolisé est autant l'avenir que la grosse basse, je veux dire autant signe de l'élévation de la pensée vers le mouvement, l'entropie, le nouveau don du nouveau, c'est encore Gillou qui parle.
Chanteur : "die fuckin antwoord !"
journaliste : what does that mean ?
Chanteur : "the answer"
Journaliste : "the answer to what ?"
Chanteur : ".... whatever man"
La chanteuse est secrètement folle de moi, évidemment.
Au moment où je tombais sur toute cette joyeuse énergie de la jeunesse des antipodes, les hasards de mes recherches persos me faisaient buter sur une vieille revue musicale des années 90, , Nomads Land, que je ne connaissais pas (plus ou moins acoquinée au regretté Octopus semble-t-il).
Google livre a numérisé ces vieux papelards, sans restriction de droits je crois.
On y trouve un long article de Kodo Eshwun, le théoricien de l'Afrofuturisme (de Sun Ra à la jungle anglaise) qui justement traite des apports blancs à la musique noire, de l'importance du concept de kidnapping par des aliens pour les auteurs noirs américains de SF, mais aussi les noirs américains tout court (leurs ancêtres furent effectivement kidnappés par des aliens), et d'une réponse musicale à l'humanisme abstrait et universaliste de ces gens qui les ont envoyé couper du coton en Amérique (je veux dire nous, enfin nos héros nationaux)...
Eshwun laisse affleurer l'idée de quelque chose comme un créolisme généralisé, seul pendant un peu heureux au glacis en cours des identités sous l'homogénisation en temps réel de notre super nouveau monde numérique global.
Enfin je me comprends.
Nomads Land en tout cas était une putain de revue toute emplie d'une sorte de cyber-innocence critique et d'une érudition assez folle, et sa lecture tardive m'aurait presque foutu des frissons, et je suis confus de ne l'avoir point connu à l'époque, j'aurais été moins con.
http://books.google.com/books?id=aAmURUgYT1YC&lpg=PP1&hl=fr&pg=PP1#v=onepage&q&f=false
Et pour ce genre de chose, Google Books est une bénédiction, ni plus ni moins.
PS - spéciale dédicace à Estelle "mais ça me fait rien votre truc" L.
06 août 2011
HARDCORE
le comble de la bourgeoisie c'est de vivre à travers les autres, par procuration comme disait un grand chanteur français, je veux dire par exemple de remplacer son balais dans le cul en situation dansante par un ersatz virtuel, au hasard les exubérances quelques peu sauvages de certains écervelés d'un lieu non déterminé.
Ceux qui tiennent les 17 minutes gagnent une chupa chups
Ceux qui tiennent les 17 minutes gagnent une chupa chups
26 mai 2011
Clown toujours
L'ange bleu faisait cette prémonition affreuse sur l'avenir de la société dite du spectacle... Un jour nous serons comme le professeur Unrat tous obligés de faire les clowns. Le cirque sera devenu une obligation légale comme une autre. Le porno pourquoi pas. Le jeux vidéo c'est en cours...
Cette scène finale du pathétique Kikiriki (cocorico en Allemand) qu'il doit hurler sur scène grimmé en clown devant ses anciens élèves du temps où il était professeur respectable, tous ces petits connards satisfaits qui l'humilient... cette scène ne m'a jamais fait rire, elle m'aurait plutôt glacé le sang... totalement en phase avec le coeur du machin spectaculaire...
En Chine on oblige les bagnards à jouer à World of Warcraft en ligne pour faire gagner de l'argent à leurs matons : petit épiphénomène de la bêtise humaine et de l'avidité des déchets qui tiennent ce genre de lieux ? Non, cela ressemble bien plus à une évolution plus générale des moeurs dont on peut aussi trouver des traces bien grasses dans la facebookerie mondialisée. L'industrie et le spectacle ont bien sûr toujours marché droit main dans la main. L'obligation légale de se produire/divertir pourrait bien constituer la sève du prochain totalitarisme, en paillettes et mondes virtuels. Je ne suis pas certain qu'on va gagner au change.
http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2011/05/26/en-chine-des-detenus-obliges-a-jouer-a-world-of-warcraft/
