08 novembre 2009

 

Scratoa!


... Le Myspace de Scratoa! (Murdoch Murdoch ! MURDOCH !) est quasi prêt. Magnifique travail graphique du Moody Marc...
La sortie de l'album sur Killerpimp est confirmée (fin janvier).

http://www.myspace.com/scratoa

Nous aurons bientôt des nioues sonnantes et trébuchantes de Dust & Chimes et peut-être même du Tsé qui a vaguement repris du service.

Sinon Théo Lessour me rappelle de vous rappeler que Berlin Sampler (voir post précédent) est en librairie ! 14 euros hein ! 358 pages ! Demain 9 novembre on peut même m'entendre en parler à sa place sur Radio Nova et TSF (mais je ne sais pas à quelle heure...)


http://www.berlin-sampler.fr/

19 octobre 2009

 

Berlin Sampler


Annoncé officiellement par les éditions Ollendorff & Desseins pour début novembre, pile 20 ans après que le communisme a fait Bang.
Salauds de rouges ! Berlin Sampler est là, Théo Lessour a fini par pondre son manuscrit, et les O&D par le mettre en forme et l'envoyer chez l'imprimeur... Il fait 368 pages pour 14 euros, un bel bel effort de notre part.

Le site Berlin Sampler est là aussi. C'est une machine expérimentale à illustrer soniquement la sélection musicale en texte qui est dans le livre. Du streaming pour les braves. On y trouve aussi une interview de Théo Lessour et de son éditeur par un mystérieux journaliste qui répond au surnom de "Le journaliste".

PS : j'oubliais : remerciements spéciaux à Chelmi, l'autre Dust & Chimes, projet digidub pariso-berlinois qui s'est un peu endormi depuis un an et quelque... Chelmi a beaucoup aidé le Théo L. en matière de musique cosmique, et il y connaît un rayon, le Chelmi

14 octobre 2009

 

Brel - Je suis un soir d'été


Je suis un soir d'été


D'abord le titre. Je suis un soir d'été. comme si le cours des choses avait conscience de lui même. comme si- manière de licence poétique ou de vision droguée - le monde se faisait conscience. L'un n'est pas dans l'autre. Ni l'inverse. C'est fondu, comme la voix la musique et les paroles, dans un entre tout. C'est la puissance du verbe coco... Le chanteur se place au dessus de tout, de tous. Ou plutôt entre. Il passe de l'un à l'autre et si j'ose dire les embrasse tous. La vidéo illustre ça très bien (d'une façon qui me semble assez "théâtre prolétarien" mais je n'y connais que dalle) : Brel nous parle de choses et de gens qui ne sont ni aimables, ni détestables. L'orangeade à la sous-préfecture, la famille prolo, l'air. Il se met à la place du vent, il est partout à la fois, il est l'Œil des choses. C'est un procédé littéraire probablement affublé d'un nom grec compliqué et aussi ancien que la grand-mère de Gilgamesh. Brel sait simplement y faire. Comme souvent dans ces tentatives d'entomologie un peu exaltée, d'objectivité mouillée dirais-je, affleurent des blessures, de la nostalgie et surtout quelque chose comme une clameur, celle de l'amour. Brel les aime tous et surtout toutes, les femelles maussades de fonctionnarisés, les dîneurs familiaux, les orangeades, les nappes qu'on secoue, ces vieux qui comme tous les vieux ont tout perdu. Succession de fulgurances nostalgiques comme des odeurs oubliées qui remontent à vos narines. Celle du porche de votre maison de vacances de quand vous étiez enfant. Et puis la Belgique bien sûr. De lourdes amoureuses aux odeurs de cuisines promènent leur poitrine sur les flancs de la Meuse...

La musique simplissime ouvre l'espace aux trémolos de sa voix. A son ostentation sentimentale - le texte pourrait être un compte rendu, il est une déclamation - qui adoube pour un peu la solennité innocente, la beauté insensée de cette torpeur lente des choses. Sentimentalité qui me semble bien figurer ce que le titre raconte : l'empathie, où conscience et émotions prennent la place de la trame du monde lui même. Brel est tout et tous. ou plutôt il est l'invisible le lien entre tous. Un lien amoureux. Ça me rappelle les discours de ma mère sur l'amour comme force physique entre les choses. Elle y croyait. Pensait qu'on le découvrirait un jour en laboratoire. Je les ai toujours trouvé horriblement décalés (ces discours) par rapport à la brutalité tant de la nature que de la société, mais en même temps j'ai toujours envié cette capacité à y croire... Amour - j'insiste sur ce mot qui me semble crucial - de la simplicité aussi. Un amour des gens, bien au delà de l'humanisme, plus au sens enfantin : un amour inconditionné. inconditionnel. Qui pour un peu n'a d'autre interlocuteur que lui même.
On ne se débarrasse jamais de là d'où l'on vient. L'éducation et le sein de la mère*. Ce sera ma conclusion à cette tentative d'exploration de mon amour déraisonné pour cette chanson.


* La patrie semble ajouter Brel. Ce qui depuis mon "exil" ne me laisse pas complètement indifférent.

15 septembre 2009

 

Tsé - Negativ Nein (le clip)



La fameuse vidéo de Negativ Nein réalisée par Philippe. Je dis fameuse car elle a causé entre nous pas mal de débat. Pour résumer je ne suis pas d'accord avec ses choix esthétiques (que je trouve décalés de mon univers, plus proches de choses que je ne revendique pas du tout comme Nine Inch Nails par exemple). Même si je suis ravi qu'une véritable équipe de pro (12 personnes, le rail et les traveling, le "serrurier" qui pond la déco, la HD etc) ait pu plancher sur ma musique. Nous nous en sommes expliqués longuement et il n'y a pas d'embrouilles. C'est après tout son film. Ma musique, mais son film. Et puis je découvre avec cette vidéo très pro la vertu de... la vidéo. Pas mal de gens qui n'auraient jamais entendu ma musique, ou jamais eu le courage de l'écouter jusqu'au bout, s'y intéressent. Le montage très rythmé a cette vertu. Voyez par vous même.

08 septembre 2009

 

Vicopisano




C'est la vue depuis ma fenêtre depuis la caméra de l'ordi. Je travaille à ma traduction de Verschwende deine Jugend (dilapide ta jeunesse !) depuis la Toscane, chez E et A. Remplacez le blanc du ciel par du bleu. Ajoutez le vent chaud, l'odeur des oliviers, la placidité estivale ridiculement belle du paysage, la bouffe.





Ca c'est moi de dos. A ma gauche ma secrétaire personnelle (Ursulla).

Croyez moi ou pas, mais Mary Shelley a visité Vicopisano en 1818 juste après l'affaire de Coligny (voir post précédent), elle y a même rédigé une partie de son manuscrit semble-t-il. Ce genre de hasard est hallucinant non ? La nuit d'ailleurs les chauves-souris hantent jusqu'à l'appartement de E et A à la lumière de la lune pleine, et les scorpions-lézards blancs attaquent depuis les toits, je n'en dis pas plus, j'ai des punks sur le feu.

18 août 2009

 

Benjamin Markovits - imposture

Dans la série des hasards à haute teneur intime, celui-là se pose là : j'errai dans une librairie du 20e arrondissement et j'y regardai vaguement si ils avaient nos livres (et bien oui et non : ils les avaient presque tous vendus !). J'achète la Revue internationale des livres et des idées (la RILI, faut sortir !), je passe mon œil sur le rayon littérature américaine à la recherche d'un nouveau David Foster Wallace (il s'est suicidé et la France s'en fout semble-t-il), si quelqu'un s'était donné la peine de continuer l'oeuvre monumentale de traduction de son oeuvre monumentale (rôle semble-t-il dévoué par nature à mon voisin de pallier).... et je tombe, mon oeil tombe, sur un ouvrage appelé imposture (pas de majuscule, évidemment). Je me dis "oh c'est amusant, je vais lire la quatrième de couv". Depuis quelques semaines, depuis l'arrachage frénétique de la fin de rédaction de mon Berlin Sampler, la pause relative dans le sens figuré (qui a trois bouquins en préparation tout de même), mon cerveau tourne autour de ce terme déshonorant. avec comme horizon la peur panique, bourgeoise, qu'on me tombe dessus, qu'on me TOMBE LE MASQUE... même si j'ai conscience de la vacuité de la démarche du tombage de masque elle même ( l'ouvrage idiot de Sokal et Brickmont "impostures intellectuelles" qui visait à laisser la science aux scientifiques durs et pousser les "mous" et les philosophes hors de leur galimatia, s'avère aussi asséchant que la paillasse d'un laboratoire dédié au miracle socialiste sous Staline devait être stérile). L'imposture me tourne la tête car j'ai conscience d'être un imposteur. N'étant pas universitaire (en tout cas pas philosophe), de quel droit pondè-je une collection de bouquins de philo, vulgarisation ou non ? N'étant ni musicologue, ni historien, ni berlinologue, d'où me vient le fonds de mon Berlin Sampler ? Je me souviens de moues un peu dégouttées de mes amis à l'évocation de mon projet d'un texte sur George Ruggiu, le hutu-blanc qui a participé à un génocide lointain avec lequel il n'avait rien à voir... et ma sensation maladive de commettre une FAUTE à pondre sur l'insondable, l'au-dessus de mes moyens.... d'ailleurs en revenant sur ce projet l'été dernier je disais encore "Là il y a bien sûr cette tentation coupable, même si le texte est sobre, d'auteuriser avec la vie des autres"... Et dans le genre, la musique que j'ai pu produire avec une absence de technique vaguement revendiquée un peu mais jamais totalement assumée comme telle... ma musqiue bancale au mieux, souvent proprement incapable mais pourtant toujours appliquée, je n'ai jamais pu m'en empêcher, jamais vraiment vomie... bref il me semblerai que le Begriff, le concept, d'imposture/imposteur soit absolument central, commun, à toute ma production... que j'ai pu en avoir honte, en avoir des sueurs froides, en être malade, m'en réveiller la nuit de panique (mais qui suis-je putain pour écrire 10 pages sur le Pierrot lunaire hein ?)... c'est d'ailleurs toujours le cas, mais moins. ...et j'ai pourtant fini par comprendre en relisant mon dada, mon punk, mon dillétant génial (voir Berlin Sampler, 14 euros chez Ollendorff & Desseins en novembre prochain), j'ai fini par comprendre l'ultime vérité : il faut revendiquer l'imposture. Tout auteur qui écrit, prétend finalement savoir décrypter mieux que d'autres, ou que son décryptage a quelque mérite pour le moins, il est déjà en cette position, un imposteur. il s'impose. il joue des coudes, il ment, il ment en allemand (ou en javanais), comme un arracheur de dent. Il fait le beau. Il lève la papatte pour jouer à celui qui sait marcher debout. Et le fait d'être titrisé, labellisé rouge-université, carmin-cercle littéraire, bleu électrique du succès, ne vaut en rien contre-imposture. L'imposture est un geste d'une grande beauté. sont laids ceux qui prétendent l'avoir dépassé, écrasée, foulée au sol. Sont beaux ceux qui n'ont jamais pu s'en dépatouiller. l'imposture est un sparadrap. c'est cette danse du décollage impossible qui est comme le vrai beau, un geste d'une fragilité démesurée. Et nos tentatives pathétiques de déguiser l'imposture sous la référence, le savoir, le bien fait, le bien emballé, sont belles comme des histoires d'amours qui finissent mal. ce sont elles qui empêchent l'œuvre de devenir œuvre, au dessus de l'imposture. l'au-delà, le grall, l'impossible. mais n'y touchez pas elle est brisée... c'est peut-être aussi pour ça que je n'aime pas la pop, que même si je lui reconnais toujours sa qualité, ce truc qu'on appelle harmonie et enchainement d'accords, avec un super-son-qui-déchire est esthétiquement parlant un truc de kéké, un plein la vue (les oreilles) illusoire, un crime par intention. Si l'on veut et si l'on ose, encore une imposture, l'art c'est l'art d'être un imposteur. Une poésie de l'imposture, pas une stratégie (les stratèges de l'imposture, leur cynisme-humour-art-contemporain-universitaires finiront le jour de la révolution le dos au mur avec un bandeau, et il n'y aura personne pour les chialer, pas même leur maman). Bref l'imposture me titille, je la reconnais depuis quelques semaines comme mon amie, j'essaie de comprendre le beau en elle plutôt que de tenter poussivement de la dépasser... j'en suis là de ma réflexion quand "tout à coup", soudain,

....

à la librairie L'atelier de la rue du Jourdain à Paris au rayon littérature américaine mes yeux tombaient sur ce titre, imposture (sans majuscule), et je repensais à ces impostures qui font ma vie en ce moment. Je le retire (le livre) du rayon et je tombe sur cette phrase "La carrière du jeune et talentueux docteur John Polidori prend son essor lorsque le célèbre poète Lord Byron..."
Je ne vais pas plus loin. Mon petit coeur a pris un coup de hasard circonstancié aux tréfonds de son balancier : j'ai en mes temps de chômage et de semi-désespoir de musicien en voie de ratage, eu ma phase Mary Shelley. Qui a écrit le noyau de son Frankenstein lors d'une fameuse soirée en Suisse, pendant un orage grotesque et démentiel, dans un petit château où elle était en villégiature. La petite société s'est décidée à faire un petit concours d'histoires de fantôme. Étaient présent Mary Shelley, son mari le poète Percy Shelley, Lord Byron qui dirigeait les opérations... et le docteur Polidori - le doc personnel de Byron - qui allait connaître un immense succès avec le The Vampyre, longue nouvelle tirée de cette même soirée ou Mary Shelley a inventé son "prométhée moderne"... Le docteur de Byron et la femme du poète Shelley, les deux écrivains en herbes, les deux imposteurs de cette fameuse soirée sous l'orage dantesque, ont produit quelque chose qui pourrait peut-être bien les faire durer plus encore que leurs maîtres (sans The Vampyre de Polidori, pas de Dracula de Stoker, pas de Nosferatu de Murnau), les deux grands, les deux colosses immenses intouchables Byron et Shelley-Percy. Quand elle a faim, l'imposture a de l'avenir, voyez-vous...

Le livre - imposture - a été écrit par un certain Benjamin Markovits, que je ne connais pas, et semble bien tourner autour de cette fameuse soirée de 1816 à Coligny en Suisse, soirée dont j'ai essayé à plusieurs reprise d'écrire quelque chose comme un scénario ou une nouvelle qui la raconterait à ma manière gothique non-flamboyante, projets avortés faute d'un véritable angle d'attaque (il existe un film au moins, médiocre, sur la susdite soirée, un truc d'ados américains mou du genou, et quantité d'écrivaillons s'y sont de toute façon essayé) .... l'imposture Benjamin, l'imposture ! Benjamin Markovits tu es, avant même que je n'ai ouvert ton machin, ton livre, ton œuvre, ton masterpiece, ta daube, que sais-je, mon sauveur, mon copain, mon poto.

17 juin 2009

 

Gala pas glose


Bienvenue dans le blog le plus "la ralentie" de l'univers. Ca n'est pas que je n'ai rien à dire (je voulais poster sur Badiou mais j'ai baillé), c'est plutôt que j'ai à faire.

Je voulais tout de même partager avec vous une des choses les plus belles qui survient en ce moment, un putain d'exemple pour la jeunesse : Badienne (Bach Yenn) amie de longue date part en famille et en voilier pour un "tour du monde" (appellation générique, voir l'itinéraire) pour deux ans au moins. Ils ont trimés durs pendant 10 ans, ils ont faits des enfants. Ils réalisent le gros morceau qui fait rêver la nuit.

http://galapiat.canalblog.com/

Bon vent, la formule s'impose


GG

05 mai 2009

 

Interchangeables


C'est un hasard de la vie. Hier je discutais en fin d'après midi avec les deux futurs auteurs/dessinateurs d'un très probable livre sur La dialectique de la raison de Adorno et Hockheimer. Au cours de la conversation on m'expliquait que pour les deux allemands, Sade montrait, pressentait peut-être, une des bases de la morale à venir, celle du capitalisme naissant, du devenir-usine du monde, le fait que nous soyons interchangeables. Amusant comme cette interchangeabilité est lue par Sade dans le moment même ou l'individu est exalté, dans le momentum des droits de l'homme, en 1789. Ca n'est certainement pas un hasard (mais je ne partirai pas dans un développement là dessus, ça vole au dessus de mes petites épaules). Dans ses pyramides de corps, tous les baisants/baisés, forçants/forcés, tous les partouzants sont réduits à des emboîtements, à des bites/chattes, sont purement interchangeables. Gymnastes sexuels comme disait Moorcock dans certaines pages dont je ne saisissais peut-être pas l'ironie dans ma jeunesse... Seule la chorégraphie est intéressante, et à travers elle, la fonctionnalisation, le devenir-outil de ceux qui la font. Pour Adorno et Hockheimer ça préfigure des choses très modernes comme le foot américain (!), ses joueurs casqués et changeables à volonté. Je trouve cet exemple parfaitement incongru mais je ne fais que redire, sans vérifier sur ouikipède ou autre, ce que j'ai entendu hier.

Le soir je voyais un film français de niveau moyen avec Chabat et Auteuil, La personne aux deux personnes(Merci M.). Et puis pan ! Cette scène hallucinante où les deux rentrent dans les locaux de la Cogip (Conglomérat organisationnel de gestion internationale patrimoniale, un truc du genre) en costume blanc de macro ou de joueur de casino avec deux gros fusils à pompes (photo), et tirent dans le tas, le sourire aux lèvres, la fleur au fusil. Je n'ai pas vu une scène aussi haineuse depuis bien longtemps. L'air béât de Chabat massacrant au hasard est absolument terrifiant, la musique est du genre élégiaque. Et pan sur le directeur du personnel, et pan sur la dame gentille de la photocopieuse, et pan sur des dizaines de cadres anonymes... et que ça gicle, et que les cadavres s'accumulent. Interchangeables. M'est venue l'idée que ca n'était pas tant le massacre qui intéressait les jeunes lycéens américains, pas tant l'exploit, que la tentative de briser à la racine cette interchangeabilité. Ou du moins, l'ado boutoneux ne faisant pas de politique, exécrant la politique, de s'attaquer à l'interchangeabilité elle même... de lui tirer dedans pour l'éprouver. Et là, boucle bouclée, Auteuil tombe sur la directrice du personnel, dont il est secrètement amoureux, en train de se faire baiser par un homme de dos (lui même, évidemment. la scène entière est un rêve du comptable Auteuil), là, à côté de l'ascenceur, un baillon SM dans la bouche, en pleine pose sadienne...
Il faudrait voir en quoi l'Amérique et l'Allemagne, les deux grandes sources de massacres au hasard dans les lycées, sont des pays qui encouragent à la source cette interchangeabilité (sous le nom fallacieux de mobilité professionnelle ? )... Et en quoi le jeu vidéo, que je ne blâme en rien mais dont je n'arrive pas à penser qu'il n'a pas une part si ce n'est de responsabilité, du moins d'inspiration, n'est pas, plus qu'un jeu de violence, le théâtre de cette interchangeabilité, son lieu idéal, sa matrice.

PS : suis en train de lire L'hypothèse communiste de Badiou, qui est et c'est bien triste, pas du tout à la hauteur de ses ambitions. C'est je crois à la gravité des temps que le vieux normalien maoïste doit le succès de son machin. J'enchaîne avec Théorie du Bloom du collectif Tiqqun, qui est sur le ton du "nous ne sommes plus nous même et c'est tout ce qu'il nous reste comme identité", et je "reviens vers vous" comme on dit en Amérique (chez les interchangeables).

01 avril 2009

 

Sun kicks in

Are teenage dreams so hard to beat
Everytime she walks down the street
Another girl in the neighbourhood
Wish she was mine, she looks so good

I wanna hold her wanna hold her tight
Get teenage kicks right through the night

I'm gonna call her on the telephone
Have her over cos i'm all alone
I need exitement oh i need it bad
And its the best, i've ever had

I wanna hold her wanna hold her tight
Get teenage kicks right through the night

I wanna hold her wanna hold her tight
Get teenage kicks right through the night


(Ouaip. Le printemps est là, avec ses grands yeux gris.)


04 février 2009

 

Wilhelm Blake (et Mortimer)



"Abasourdis les jaunes constatent avec stupéfaction que la chambre est vide"


02 février 2009

 

William Onyeabor


Jour de joie. Il y a des années que je cherche à écouter l'album de William Onyeabor, musicien proto electro-funk nigérien repéré sur la compilation Nigeria 70. J'étais tombé amoureux du titre "Better change your mind". Minimalisme techno funk avec des harmonies africaines et une patte particulière, spatiale. 1977 tout au plus. Tracks très longs, jamais moins de huit minutes. avec des ponts entre les couplets qui deviennent de pures envolées désertiques, fantomatiques. Magnifiques harmonies vocales et rythmiques funks coupées à l'os. Production sale et démerdarde comme une rue de Lagos. Des solos de synthé comme personne personne ne pourra plus jamais oser en rêver. Une innocence sublime. "America do you ever want to change your mind..." Onyeabor est devenu après cet album chef de son Village au Nigéria et s'est retiré des claviers. L'album est introuvable ou alors très très cher sur ebay. Et voilà il suffisait d'attendre....

Atomic Bomb est disponible ici
http://lamaraba.blogspot.com/2008/04/atomic-bomb-william-onyeabor-1978.html

A écouter pour tout de suite :

"Better change your mind" (mal encodée...):




"Body And Soul"


Tiré du CD de Nigeria 70 :
William Onyeabor studied cinematography in Russia for many years, returning to Nigeria in the mid-70s to start his own Wilfilms music label and to set up a music and film production studio. He recorded a number of hit songs in Nigeria during the 70s, the biggest of which was "Atomic Bomb" in 1978. "Better Change Your Mind" is taken from the same album, and, as well as slating the power-crazed nations of the world, the second half settles into a unique slice of stripped down spacey, lo-fi funk which is unlike any other Nigerian music being made at the time. William has now been crowned a High Chief in Enugu, where he lives today as a successful businessman working on government contracts and running his own flour mill.

20 décembre 2008

 

Images du monde visionnaire

Un peu d'ennui après la sieste (après la piscine) cette aprem... suis tombé "de fil en aiguille" sur cet incroyable film DE Henri Michaux tourné pour les laboratoires Sandoz en 1964, "Images du monde visionnaire", ou la tentative de recréer à l'écran un trip sous LSD/Mescaline, de manière "scientifique" c'est à dire vécue. Michaux fut un explorateur (à l'époque légal) de ces substances, il a "connu par les gouffres".


Le survol par la caméra de ses dessins obsessionnels réalisés pendant ses voyages à la Mescaline, m'a exactement replongé dans le livre que nous sommes en train de produire sur "la vitesse infinie" de Deleuze et Guattari. Oscillation des choses, oscillations fondamentales d'où tout part, tout se crée et se défait, oscillations qui CONSTITUENT les choses, la matière comme la pensée... Oscillations si rapides, à vitesse infinie

D'ailleurs Michaux nous met en garde dés l'introduction :

"quant à la vitesse (de défilement) elle est telle que toutes les images réunies devraient tenir en 50 secondes. Là, le cinéma devient impuissant"

Quoi ? Non... je n'ai rien pris.... regardez le film et taisez vous !


http://ubu.com/film/michaux_images.html

21 novembre 2008

 

De qui ?

La guitare est la mère de tous les instruments.

Mais on ne fait pas de bonne musique avec sa mère.



Il parait que c'est de moi. Je suis pas peu fier.

PS : Le sens figuré dans libé. Yep.
Qu'aurait dit Warhol ?

http://www.lesensfigure.fr/blog/index.php?2008/11/20/48-qu-aurait-dit-warhol

23 octobre 2008

 

Le sens figuré - boutique

Le sens figuré a sa boutique... limitée pour le moment à la France métropolitaine. C'est chaud cette affaire, bien plus qu'il n'y paraît, mais nous ne sommes pas peu fiers.

C'est expliqué .

18 octobre 2008

 

L'enfant assassin des mouches

Je ne connaissais pas ce pendant instrumental au Melody Nelson de Gainsbourg, composé et arrangé par Jean-Claude Vannier. Et bien ça m'a tout simplement l'air d'être une tuerie furieuse. Oui j'ai eu cette info par Le Monde (le canard ex-trotsko-balladurien devenu keynesien-vert, vous connaissez ?), suite à la représentation en concert de la chose ces temps-ci à Paris. Bref "il faut croire que je retarde"... Chef d'oeuvre, oder ?


22 septembre 2008

 

Le sens figuré - ça chauffe !


Site refait, blog alimenté, boutique pour bientôt... ça chauffe !

http://lesensfigure.fr

Les livres sont là. Je répète...

12 septembre 2008

 

Message personnel à Thieum


Mon loulou tu es le plus adorable des amis que le monde ai porté.

 

L'effroyable euphorie : l'opéra de quat' sous (Die Dreigroschenoper)



"La cocotte sentimentale est allée en enfer de troisième classe. Et c'est de la fange que naquit, avec une légère variation de la version mythique des faits, la nouvelle venus Vulgivaga, nommée en grec Pandemos, en berlinois Nutte (putain)... (...) La notion du beau est définitivement abolie, refoulée par une mise en évidence et une glorification du sexe qui relèvent incontestablement du culte"(Hans-Heinz Stückenschmidt, citation extraite du livret du CD).

Oui.. tout a été dit... Et tout oublié ? Tellement resassé que l'on ne l'entend déjà plus... Reprenez Kanonensong. C'est une chanson inusable. qui me tourne dans la tête des jours entiers. qui me transcende. Qui se danse éméché en faisant la gigue. oh. n'oubliez pas kanonensong. elle est là sur ce youtube, vers la 5 ou 6e minute...
L'opéra de quatr'sous a ce statut d'objet culte, de référence. Dont la surexploitation par des médiocres fait fuir le mélomane. Jamais vu/entendu dans sa version originale, toujours entendu par la bouche de quelqu'un d'autre. D'où une recommandation de la plus haute importance : choisissez l'enregistrement de 1930 fait dans l'euphorie immédiate du succès de la pièce. Oui celui de ce youtube. Grosso-modo toute l'équipe originelle, notamment Lotte Lenya et Kurt Gerron, enregistre aux studios de Telefunken pour l'adaptation cinéma, le gramophone et la radio. Les variations par rapport à la pièce originale sont mineures. Oubliez celui de 1958, qui certes est fait avec Lotte Lenya mais sent déjà la naphtaline. Le son est peut-être de meilleure qualité mais l'Opéra de quat' sous n'est plus tout à fait le même. Il a voyagé à Broadway, est devenu un classique mondial, un répertoire. Et puis il est revenu dans le Berlin à demi-socialiste où la critique du capitalisme est devenu le discours officiel, un énoncé de pouvoir d'une grande violence.

Au delà de la chaleur sonore de l'enregistrement d'époque, on rêverait de l'entendre avec les pops de l'aiguille, l'enregistrement a le mérite de transcrire l'intention originelle : ce chant nasillard, cette gouaille agaçante (ah ! Mackie Messer !). La braillarde vie de quartier. L'humour désillusionné et son odeur de souffre. Le meurtre qui rode. La pureté de ses voix aiguës contre la dureté des textes ("une veuve jeune et sage estimée dans son quartier subit les derniers outrages, mackie n'en eut pas pitié !"). Et le sexe, la prostitution. Berlin Babylone, la ville libérée d'Europe. La ville des putains et de la pornographie. L'exploitation sexuelle généralisée est l'enfant de la misère indigne et de la liberté des moeurs. On se reportera à l'ouvrage Voluptous panic si l'on veut tout savoir(et se rincer l'oeil). 120 000 prostituées parcourent les rues de la ville, des femmes seules, des mères avec leur filles. Berlin est aussi une ville de veuves de guerre affamées. Il existe tout un système de call-girls, de call-boys, de locations d'enfants. Le SM se pratique sur petites annonces. La cocaïne est en vente libre et l'on en fait la publicité.
Une destination privilégiée d'un "certain tourisme", dont le cabaret et ses femmes légères, ses quelques danseuses nues comme Lola Bach (dés 1921...) ou Anita Berber (qui a eu l'honneur d'être dessinée par Otto Dix), ne sont que la face publique, la vitrine commerciale. Le sexe était parait-il la troisième économie de la ville. Derrière la finance et l'industrie. C'est un des aspects de Weimar qui s'est un peu perdu de la mémoire historique.


L'opéra de quat' sous n'en parle que par la bande. L'exploitation y est la norme des rapports humains, et le sexe un de ses médiums privilégiés. Mais les critiques de l'époque ne voient que cela. Comme le discours des artistes s'est attaché à la réalité des choses. Comme la métaphore a disparu, dissoute dans la dureté des temps. Klaus Mann, le frère de l'autre, parle de "l'effroyable euphorie" qui règne, les danseurs de fox trot sont des trafiquants. les exploiteurs sont les fêtards. La ville court vers le gouffre en riant.

Un objet hybride weimarien. Un "Opéra" anticapitaliste en forme de pièce de théâtre. Un Songspiel de pur divertissement où la musique sert à appuyer les figures rhétoriques et narratives d'un travail de propagande anticapitaliste, où le Jazz et la chanson de rue soutiennent l'agit propr'. Un monde sale (corruption, dénonciation, meurtre, vol) décrit avec une livide et mordante ironie. Les compositions de Weill qui empruntent tant à la musique légère et à ses clichés déjà éculés (chanson, jazz, fox trot, operette, tango, blues, cabaret, n'en jetez plus), ne font surtout pas dans le sentimentalisme. Les arrangements sont, euphémisme, "dépouillés". La musique n'a que la peau sur les os mais elle braille encore. Les voix chevrotent, la performance vocale n'a aucune espèce d'importance : l'acteur/chanteur doit surtout savoir rendre l'insolence politisée de Brecht. La musique a été écrite pour des "acteurs sachant chanter".

Brecht a inventé le "théâtre épique" qui brise les règles de la narration traditionnelle : on n'y vient pas pour se distraire, pour ressentir des émotions et de l'empathie pour les personnages, mais pour penser, pour s'éduquer, réussir à poser les problèmes. Très influencé par Piscator, il utilise différentes techniques de narration/réalisation comme l'interruption de l'histoire par une déclamation, les slogans peints. La musique est pour lui une arme supplémentaire dans son arsenal.

La collaboration de Weill avec Brecht avait commencé quelques années plus tôt, et déjà abouti à un moins célèbre mais tout a fait intéressant "Mahagonny" (Brecht après la première : "Ici, énorme succès de la pièce ! 15 minutes de scandale !" )aussi présent sur le CD (to the next whisky bar... oh don't ask why...). Brecht utilise la musique comme un "élément de distanciation" (l'acteur doit toujours savoir qu'il joue, le spectateur qu'il est au spectacle. La critique est l'élément capital). Pour s'expulser de la narration et proposer un message, une matière à réflexion avant de reprendre le cours de l'histoire. Weill refuse de rendre la musique entièrement accessoire au message. Il refuse qu'elle n'obéisse qu'aux impératifs d'écriture.
Elle doit exister en soi, se détacher de son support. De sorte que les valeurs du discours trouvent un complément dans celles de la musique.
Ils finiront par acter leur désaccord sur la fonction de l'art : Brecht ne voit dans la musique qu'un simple médium pour son agit propr', un moyen de diffuser des idées, un pur réceptacle politique. Pour Weill la Gebrauchsmusik doit certes servir le peuple mais sans jamais sacrifier sa "substance artistique". C'est ça la "chanson de style". Ce genre de débat parait, selon l'expression consacrée, "surréaliste" de nos jours. Brecht finira par dénoncer là une posture d'"artiste bourgeois" qui oublie la critique sociale pour l'art pour l'art. Il le compare à Strauss, et ça n'est pas dans sa bouche un compliment. Les deux hommes sont brouillés.


Le "classique instantané" a été inventé par Brecht et Weill. Mackie Messer est l'une des premières pop songs à succès mondial, un des premiers "tube" mondialisé.
Il faut un an et demi pour la transcrire au cinéma mais entre-temps la pièce et sa musique ont fait plusieurs tours de la planète. Des milliers de représentations ont lieu, des traductions en pagailles, des films "localisés" (en France notamment), d'innombrables disques de reprise des chansons les plus connues, l'insertion immédiate dans les répertoires des cafés, des orchestres de danse, des violonistes ambulants. C'est l'age d'or de l'art populaire, qui flirte avec tous les niveaux sociaux de représentation, pour les publics cultivés, les mélomanes, les usagers du train qui fredonnent sur le quai. L''intrusion à coup de pompes de l'art de la rue dans le paysage de l'art "sérieux", académique. L'un des derniers souffle avant la nuit nazie.

La question du beau contre la putain, de la cocotte sentimentale contre le sexe ouvert, va aussi se reposer sous les nazis, évidemment. Avec une réponse des troupes de Goebbels tout à fait cinglante, c'est à dire d'une mièvrerie radicale. insupportable. La "vague italienne". On y reviendra. Weill a quitté l'Allemagne après la prise du pouvoir par Hitler. Au début il pense revenir au plus vite. Au bout d'un an, il n'en a même plus le désir.

07 août 2008

 

Les choses sérieuses (à propos d'un article de Libé sur le rwanda)

L'article en question "tous coupables selon Kigali"
http://www.liberation.fr/actualite/monde/343328.FR.php

effarant. Je suis outré. Le sujet ? Le rapport rwandais sur les responsabilités françaises dans le génocide. On dirait que les journalistes de Next ont été conviés à s'en occuper. C'est proprement scandaleux.

Le titre déjà "tous coupables selon Kigali" sent la raillerie.
l'accusation est balayée sans aucun ménagement en 30 lignes à peine pour montrer comme on ne peut pas la prendre au sérieux.
l'article contient des phrases stupéfiantes, assertions pour le moins contestables considérées comme vraies :

"En revanche, il n’y avait plus de soldats français en 1994 (au rwanda), à la suite de la signature des accords d’Arusha (fin 1993)".

L'affaire est longue et sombre, mais il est très probable que des soldats français soient resté et aient continué à conseiller le gouvernement génocidaire. Pour le moins il faudrait présenter plusieurs versions des faits. Les livraisons d'armes de la france au rwanda ont continué après le début du génocide, c'est une chose avérée

1/ Le rapport publié par la commission rwandaise, que libération ne daigne pas citer, ni en donner le lien Web, cite d'ailleurs comme source de ces allégations un article de.... Libération... du 7 juin 1994

2/ ce même rapport cite Michel Roussin qui parle de 40 à 70 militaires au Rwanda après la signature des accords. Faut-il croire Libération ou le rapport ?


Le fait qu'un tel rapport puisse être instrumentalisé par Kigali et Kagamé pour des affaires internes, que les témoignages se doivent d'être recoupés avant de leur donner entière validité, doit-il dédouaner la France d'une réflexion sur son rôle ?
Nous donne-t-il le droit de le considérer entièrement comme nul et non avenu ?
Exonère-t-il Libération de le citer ? D'essayer d'en débroussailler le vrai du faux ?

3/ reprendre intégralement les conclusions de la mission d'information parlementaire française n'est-il pas un peu léger ?


Ici en Allemagne on considère avec le plus grand sérieux les accusations de Kigali. D'autant que la France s'est assez ridiculisée comme ça avec l'accusation de génocide de Bruguière. Et qu'elle a refusé de laisser ses soldats - je l'ai lu dans un journal allemand, le Tagezeitung, équivalent de ...libé... - répondre aux questions de la commission ruandaise...

Il y a tellement de lâcheté, de dénagation, de déni dans ce court article, qu'on ne sait pas par ou le prendre. Ca n'est pas seulement du mauvais travail, c'est de la violence pure.

Il faut réagir.

PS : le rapport rwandais - rue 89 au moins fait son boulot -
http://www.rue89.com/files/Rwanda.pdf

PS 2 : le journal "Le monde" a publié un article un peu plus modéré dont je cite la conclusion :
http://www.lemonde.fr/afrique/article/2008/08/06/le-genocide-au-rwanda-un-devoir-de-verite_1080684_3212.html

L'attitude de la France, qui affirme depuis 1994 qu'elle n'a rien à se reprocher, n'est pas tenable (...) il existe en revanche, envers les victimes et les survivants, un devoir de vérité. Paris ne peut pas rejeter ces récits sans enquêter en profondeur et sans répondre point par point à chacune des centaines d'accusations. L'enjeu est d'établir avec exactitude les responsabilités dans le dernier génocide du XXe siècle.


PS 3 : j'ai fait un courrier à libé à peu près dans les mêmes termes. Depuis la désastreuse affaire Carla j'étais fâché, là je suis carrément colère.

PS 4 : je retourne à mes études et à mes bruits bruits, je n'aime pas du tout commenter les événements et on ne m'y reprendra plus.

30 juillet 2008

 

La famille perdue



Philipe, l'ami cinéaste, l'émérite réalisateur de "la leçon de danse", a décidé de partir à la recherche de cette famille... photo qu'il a trouvé dans la rue à Paris. Plutôt que de débuter par le 9e arrondissement, il est parti au Chili. Oui, il faut bien commencer par quelque chose. Là bas, on lui aurait déjà dit que le gars était du coin, qu'il habitait dans une île au nom exotique impossible à retenir pour moi. Philipe traverse le désert du nord, l'Atacama, gardant toujours frais son coin de l'oeil, dés fois que la famille de pakistanais apparaisse sur une crête, ou surgisse d'un lac salé, dans le flou des vapeurs de chaleur.

Il y a quelque chose de Herzogien dans ce projet. La nature et sa pesante infinité, la fragile chose humaine qui la regarde, les deux talons bien ancrés dans le sol avec son dérisoire air de défi. Et l'absurde bien sûr... Le film qu'il ne manquera pas de pondre avec ce très succint fil directeur promet énormément.

20 juillet 2008

 

Georges Ruggiu - Le voyageur imprudent

Georges Ruggiu est la première personne de l’histoire de la justice internationale condamnée pour sa participation à un génocide sans être ressortissant du pays où il a été commis. Il n’avait aucun intérêt foncier, pécuniaire ou de tout autre ordre à cette « affaire » rwandaise. Et il n’était pas, loin de là, un mercenaire ou un monstre assoiffé de sang.

Georges Ruggiu est une bien bancale incarnation du « mal ». Il a participé au génocide par empathie, par amitié, au nom d’une conception particulière de la justice, ou peut-être, surtout, pour fuir la vacuité de son existence.

Ce récit rend compte de sa transformation en défenseur de la cause hutue, en Hutu blanc. Et de sa chute.


Je m'étais embringué dans cette histoire. Je voulais savoir, je crois, jusqu'où l'on peut aller pour être un autre, quand la vie ne vous satisfait pas. Jusqu'où peut mener le besoin, sain, de changer l'air qu'on respire. Mais plus encore, jusqu'où l'on est prêt à sacrifier tout ce que l'on a eu/fait auparavant, au nom de la découverte de soi-même. L'existence précède l'essence, tout ça. C'est une question assez générique évidemment. Toute personne qui a un jour eu mal d'être soi en a éprouvé quelques limites plus ou moins fluctuantes. Avec G. Ruggiu, la problématique est devenue monstrueuse.

C'était une période ou je n'allais pas très bien. Où je commençais le processus, lent, forcément lent chez moi, qui m'a amené à quitter la ville.
Un été de recherche, et une semaine de rédaction, peut-être bien un peu plus.
J'ai bizarrement, conseillé par Alex d., voulu en faire une pièce radiophonique. Drôle de drôle d'idée. Arte Radio, qui m'aimait bien pourtant, doit encore en rire. Le concours de Bruxelles aussi. J'ai pensé aussi à le fictionnaliser, et je me suis fait mal au coeur.

Je crois de toute façon qu'une fois terminé je ne savais pas quoi faire de ce machin. Aller jusqu'au bout, rencontrer Ruggiu, m'inventer auteur ? C'était un peu trop pour moi. Au moins pour le moi "en difficulté" de cette époque. L'envoyer à quelqu'un ? Je me retrouvais, à mon minuscule niveau, face au phénomène Truman Capote. Au nom de quoi ? Qui suis-je nom de dieu pour oser mentionner la vie des hommes hideux ? Et que faire de cette empathie qui ne manque pas de naître ? Pourtant L'adversaire, de Emmanuel Carrère, me hantait.
Le texte est resté dans un tiroir numérique. Je me suis endormi dessus. Je viens de le retrouver au fond d'un dossier. Le voilà. Pour ceux qui ont du temps à perdre.
Je crois que Ruggiu a été transféré, selon ses souhaits, dans une prison italienne. Je crois aussi qu'il va bientôt sortir. Bien sûr, Google aidant, un machin pareil ne l'aidera peut-être pas pour se réintégrer. Mais tout à été fait avec le net comme seul outil de recherche. Tout est public. Alors.

Pourquoi le donner maintenant ? Je ne suis pas certain... Je crois que le temps est venu. Aucune des questions mentionnées plus haut n'a pourtant trouvé de réponse. Et je trouve toujours honteux de parler d'un homme qui n'a rien demandé. C'est ce que font les journalistes tous les jours, mais les journalistes informent (quand ils font bien leur travail), c'est tout. Là il y a bien sûr cette tentation coupable, même si le texte est sobre, d'auteuriser avec la vie des autres. Et c'est peut-être justement pour ça que je me sens de le mettre en ligne. Parce que la fiction n'a plus aucun effet sur moi, sur un plan littéraire. Enfin bien bien moins qu'avant. C'était là une tentative, un peu sèche et bancale, d'écrire quelque chose qui fasse sens. qui soit nécessaire. C'est probablement aussi pour ça que je n'osais pas le faire lire. je trouvais ça trop ambitieux pour moi. Ou plutôt d'une ambition non assumée. L'histoire d'une vie tiens.

Ah ça n'est pas signé. Je ne l'avais pas signé à l'époque. Mon refus d'assumer la chose ? J'ai hésité à le signer avant de le transformer en PDF. Mais je l'ai finalement laissé tel quel. Je n'ai pas corrigé les typos, pas de raison que je m'occupe de ce genre d'absence. Ca n'est pas glorieux, mais il n'est justement pas question de gloire.




Le voyageur imprudent (PDF)

27 juin 2008

 

Le sens figuré - Spinoza

La page sur Spinoza est prête. Conception à deux, réalisation par Grégoire. Merci de faire passer aux amis. Celle sur Foucault arrive. Le blog va bientôt être alimenté... bref nous rentrons en phase teasing...


http://www.lesensfigure.fr/spinoza/

27 mai 2008

 

Tout s'est ré-ouvert (Einstürzende Neubauten 3.0)

Blixa ? Satan-blixa ? Saint-dark-blixa ? L'homme qui s'est fait battre jusqu'à l'évanouissement pour enregistrer une rythmique avec sa cage thoracique ? Blixa ? Le Blixa de Zentral Nervös System (ZNS) qui ne dort pas pendant une semaine pour tout raconter dans une chanson forcément un peu nerveuse ? Blixa le "demi-homme", "plus grand que la chine elle-même" dont le cerveau était un peu dévoré par les quantités astronomiques de poudres de perlinpinpin plus ou moins bien raffinées qu'il s'envoyait tous les jours ? Blixa l'homme-théière au cri le plus aigu du monde ? L'homme de Armenia ? Le Blixa des cocktails molotovs jettés sur le public (et ça court vite un public !)?
Le Blixa de Nick ? Le Blixa devenu star underground qui a fait 123 fois le tour du monde comme guitariste blues rock pour le grand Cave ?
Lui même. Samedi soir 24 mai. Collumbia Halle. 33 euros nom de dieu.
On dit, on murmure, que le succès (et la dope) a fait de lui un connard arrogant. On murmure ça et là des histoires de chambres d'hôtel détruites, de bars vidés au frais de la petite organisation "underground".... oh ! Blixa était en forme samedi soir. Plus oncle péteur que ange de l'enfer arrogant. Blixa est devenu une sorte de superbe comédien. de poète qui assume son rôle. on pourrait déjà l'imaginer finir clown avec du kohl, jouer du drame et de la comédie. En attendant il est devenu taquin. Joue avec son public (à ne jamais lui jouer le moindre vieux titre par exemple.). Ce fut un concert plutôt "atmosphérique/chanson". ou le bordel urbain est intégré sciemment et percussivement à des compositions plutôt douces, parfois tendues, parfois montantes, parfois presque à l'explosion mais globalement très très audibles. Et même, heureuses. Neubauten 3.0 a terminé sa mutation. Le groupe rééxiste de lui même, détaché de son passé. Quand on s'appelle einstürzende neubauten, que l'on prone la destruction permanente au nom du nouveau qui jamais ne doit se figer, on a pas le droit à la nostalgie. Pas le droit à la ringardisation. neubauten a eu un passage très très difficile après la chute du mur. Le placard leur tendait grand les bras. Deux disques, tabula rasa et ende neue. Rien que leur titre montre que le groupe se cherchait une sortie. Voulait affirmer que ça allait chier ! Qu'ils allaient changer ! Mais il ne suffit pas de le clamer haut et fort... Puis bang "silence is sexy". Pour un groupe comme neubauten, c'était un sacré statement. Une totale réorganisation. La vraie table rase... Quelques années plus tard les choses ronronnent. Un concert de neubauten ne sera plus jamais une expérience bruitiste, un massacre urbain dans ta gueule. C'est une expérience de chanson allemande sur un fond de musique en kit, où la structure est mise à poil, les poutres sont apparentes : le klang reste toujours là, l'expérience du son pour le son reste pregnante. Mais sans négativité ou brutalité particulière. Ce qu'il faut quand il faut. De la tendresse et du polystyrène. De la mélancolie lamée. de l'ironie en turbine de métal. Seul lien avec le lointain et brumeux passé extrême, avec l'humeur-apocalypse, ce que Blixa appelle "l'ancien Blixa", le cri-théière. Blixa l'a en quelque sorte apprivoisé. Il en joue comme d'un violon, au grand bonheur du public. Neubauten fabrique un mobile urbain, un Kreuzberg dans les nuages si tu veux, un objet sonore fragile fait du guinguois de la récup, de mélodies, de diction sublime et de jeu sur la langue. Comprendre l'Allemand est forcément devenu un sacré plus. Le groupe ne fait plus vraiment de politique non plus. Il tisse sa poésie et emmerde le reste.
C'était très plaisant ce concert. Il est encore possible de bien vieillir. De tirer, et c'est très berlinois après-tout, avantages des pires contraintes (Blixa il faudra quand même surveiller ce ventre).


PS : je joins la vidéo d'Halber Mensch. Le bon temps du Butto, de la viande et du métal (et de la mad-maxite aigüe qu'on appelle aussi "années 80").


19 mai 2008

 

Scratoa !



Scratoa !, l'étrange alliance du choc et de l'effroi a maintenant son site Web.

http://scratoa.blogspot.com

13 mai 2008

 

Scratoa !

Ceci est un premier test de player flash avec en extrait une merveilleuse chanson du groupe germano-espagnol Scratoa !











 

yé n'ai pas changé...

...yé souis touyours lé même












(Photos réalisées par Jean-Baptiste, l'homme qui écoute Neubauten au petit dej)

PS : La ralentie à la fnac. Les ignorants du paypal n'ont plus d'excuses

http://musique.fnac.com/a2260887/Tse-La-ralentie-Digipack-CD-album

29 avril 2008

 

DDR von Unten



DDR von Unten (ARP, 1983)

Le premier disque punk de l'Allemagne de l'Est est sorti à Berlin-Ouest début 1983.
Son histoire est si improbable qu'elle serait un peu grosse pour un film hollywoodien. Les scénaristes peuvent se frotter les mains. Aventure, espionnage, faits parfois difficile à interpréter qui laissent planer un nuageux mystère...

Début 1982, Dimitri Hegemann, journaliste à Berlin-Ouest, rédige un article sur la petite scène punk de Berlin-Est qu'il a pu observer de visu dans des caves et des performances d'arrière-cours (hinterhof).
L'underground est-allemand est plus derrière - hintergrund- que dessous. C'est dans les cours intérieures des gros et moches immeubles berlinois qu'on peut sans trop de crainte s'organiser en fête, en performances ou en scène... C'est aussi, et surtout, dans les églises. Une alliance inédite à ma connaissance est passée entre les punks et l'église, deux façons apolitiques de refuser la contestation officielle - ceux qui comme Wolf Biermann ont voulu réformer le régime de l'intérieur - comme la participation. Même si l'église bien sûr a sa place dans le régime, et par là une certaine liberté d'action dans les bâtiments qu'elle détient. Un petit pouvoir. L'église accepte, sans contre partie, au nom de la simple liberté et de la lutte contre l'ennui de la jeunesse, de donner refuge à la scène punk. Les prêtres ne risquent pas leur vie, mais leur sacerdoce à jouer à un tel jeu. Si vous vous promenez à Berlin, allez voir la Zion Kirsche près de la Kastanien Allee à Prenzlauerberg et regardez la avec des yeux nouveaux, comme un des lieu de cette étrange alliance.

Dimitri Hegemann contacte le patron de Agressiven RockProduktionen (!), label punk berlinois, et lui propose de publier un disque de l'Est. Fort du oui enthousiaste de ARP, il recontacte ses partenaires de l'est et leur donne le feu vert pour enregistrer. Sans pouvoir les aider plus, ni avec de l'argent, ni avec du matériel. L'authenticité de l'objet découle bien entendu de sa confection "à la démerde". On aime aussi la musique éthiopienne à cause de son son un peu pourri, qui exprime des conditions un peu difficiles, qui ajoute une sorte de patine débrouillarde à l'objet musical lui même. C'est ce sentiment ethnographique qui nous fait à nous auditeur nous donner une certaine importance, qui nous donne une satisfaction supplémentaire, celle d'être aussi à l'écoute d'un document, d'être face à bien plus que de la musique, à de l'histoire. Notez que cette description est valable finalement pour toute musique, les conditions du donné final ayant une très grande importance, la situation dans tout un écheveau historique, un "discours" au sens foucaldien, nous imposant toujours une lecture de ce que l'on entend. Ne serait peut-être vraiment "musique, ou "art", que ce qui parviendrait à se prétendre a-historique.

Dans le cas d'un document clandestin comme le DDR von Unten, cet aspect documentaire est entièrement visible, assumé comme tel. Les punks allemands dont la scène est très fragmentée localement, labels qui aident à la production de leur ville et concurrence ridicule entre les cités, souvent calquée sur la géographie du football- ont assez naturellement intégré cet aspect documentaliste de leur travail. D'où cette tendance punk à la compilationite aigüe.

DDR von Unten vaut donc pour beaucoup de choses. Comme document typique de cette tendance documentaire. Comme document d'une sous-culture de l'Allemagne de l'Est, pays où la sous-culture est interdite. Comme bout d'héroisme gravé sur vinyle, oeuvre musicale aux conditions de production assez inouïes. Comme produit du métissage, d'un exotisme - une culture de l'ouest réinjectée à l'est - et d'une avant garde. Et pour ses chansons enfin.

Rosa Extra, groupe "art punk" avec qui Dimitri Hegemann était en contact, se lance dans les préparatifs. Ils intègrent au projet Sascha Anderson, figure de l'underground de l'est, auteur de nombreux manifestes, poète et parolier, chanteur, qui propose son groupe Zwitschermaschine. Contact est enfin pris avec Schleim Keim, un des groupes punk les plus anciens (fondé début 80) et les plus célèbres du pays dont les cassettes milles fois dupliquées circulent sous le manteau.
Pour des raisons de sécurité évidentes les groupes doivent changer de nom. Innocemment Schleim-Keim décide de se renommer en Sau-Kerle, gardant leurs initiales pour ne pas perdre leur identité. Cela vaudra, après la sortie du disque, des années d'emmerdes au chanteur/batteur, Otze, pour "contact et intelligence avec l'ennemi".
3 groupes doivent donc se partager les deux faces.
Sascha Anderson réussit à arranger l'enregistrement puis le "mastering" dans un studio semi-professionnel d'un musicien de Blues Est-allemand pour étalonner la bande aux standards de l'ouest (les bandes Tesla d'URSS ne tournent pas à la même vitesse je crois). Pendant ce temps, la veille de leur jour de studio, Günther Spalda de Rosa Extra est convoqué par la Stasi, entièrement au courant du projet clandestin. Jusqu'à la composition des groupes, le nom du label de l'ouest etc. Rosa Extra doit se saborder (on laisse planer une durée, 5 ans, pour le convaincre définitivement de tuer son groupe).
Ils ne pourront donc pas faire partie du disque sur lequel ils travaillent depuis plusieurs mois. La bande passe quand même à l'ouest, via une valise diplomatique par un contact de Sascha Anderson, elle ne comprend plus que deux groupes pour les deux faces, pour un disque amputé de son tiers, limité à 26 minutes. La pochette est réalisée par Cony Schleime du groupe Zwitschermaschine.

Sascha Anderson est en fait un informateur de la Stasi. Il les tient au courant depuis le début. Ceux-ci laissent le disque sortir, de manière pas tout à fait inexplicable.

Quelles sont les motivations de la sécurité d'état de la DDR avec cette sortie ?
Quelques copies parviennent à l'Est. Comment passe-t-on un disque interdit de l'ouest à l'est ? Par le train Paris-Varsovie qui s'arrête à Berlin-Est. On y glisse quelques exemplaires derrière les toilettes et le contact peut venir chercher les disques pendant l'arrêt en Gare. Pour quel résultat ? Les disques servent alors de preuve matérielle contre Otze de Schleim Keim et permettent de le mettre en prison à loisir. 3 mois par ci, trois mois par là. Et ce jusqu'à la chute du mur. La Stasi sait jouer à merveille de tous les ressorts de la clandestinité.


Qu'entend-on finalement sur ce disque ? Un groupe "art punk", Zwitschermaschine, celui de Sascha Anderson, qui tente un crossover entre new wave, punk et free music. De la no wave en allemand, proche de ce qui se fait à l'ouest dans les circuits des "Geniale Dilettanten" (les "dilettantes géniaux", très importants ! dont j'aurais du parler avant ! J'y reviendrai !). Et un groupe entièrement, purement punk, Schleim Keim /Sau Kerle. Sans finesse, sans fioritures. Saturations, chant braillé en "lalalalalala", chansons courtes et sanglantes.
Le paradoxe affreux ? C'est la face de Zwitschermaschine qui a le mieux vieilli. Plus déglinguée, plus originale, plus joueuse et moins adolescente peut-être. Chanteur informateur de la Stasi ou pas. La meilleure chanson à mon sens geh über die Grenze, "passe la frontière, va de l'autre coté" prend un sens à l'ironie douloureuse, amère...

PS : l'archive zip trouvée via un blog allemand. Tout y est. Dépêchez-vous les amis ce genre de chose ne dure jamais bien longtemps.

PPS : post pondu à partir d'une source unique "Wir wollen immer artig sein", très bon livre sur la sous culture en Allemagne de l'Est

24 avril 2008

 

Tsé - La ralentie

Il est sorti. Très beau au niveau fab'. Suis ravi. Disponible "chez tous les bons disquaires" (j'avoue n'avoir aucune idée de la distrib) très bientôt.

On peut aussi l'acheter là, direct à la source :

http://www.optical-sound.com/releases/os.028.php


Allongez l'pognon !


Et comme toujours, écoute gratos de 4 titres en MP3 pourris chez notre ami Murdoch :

http://www.myspace.com/tse0

06 avril 2008

 

Coutures apparentes

Une pièce "électroacoustique". Basée sur des manipulations live (appréciez le jeu de guitare lâchée) et de très très nombreux cuts. Le titre parle de lui même (hahahaha). Le mix est à retoucher un poil dés que j'ai des enceintes acceptables sous la main.


http://www.ollendorff-et-desseins.com/guest/Guill/COLLAGHARMON.mp3



PS : URL permanente (une URL qui durera 1000 ans). N'hésitez pas à faire enregistrer sous plutôt qu'une lecture sur le web...

31 mars 2008

 

Bulletin Météorotique, avril 2008

Chers amis, chères amies

La météo vient donc officiellement de passer les 20 degrés aujourd'hui, 20 petits degrés, peut-être 19, mais la décision de déclarer le printemps ouvert n'a pas reçue de protestation sérieuse. Les femmes sont donc encouragées, mais non encore obligées à sortir leur vêtements d'été et à organiser leur déshabillage progressif à partir de maintenant. Deux manifestations spontanées devant le Reichstag ont été signalées. L'une, du "club des hommes-seuls épuisés par l'hiver et épuisés d'avance par l'été à venir", scandait, je cite, "Nous exigeons la nudité des femmes !". La contre-manifestation des "féministes militantes mais pas trop chiantes" a exigé, à titre de contre mesure, une nudité pour tous ou au moins la nudité des hommes. Le club des "hommes-seuls-etc" aurait alors contre-exigé le port de talons à aiguille pour toutes, ce qui a fortement compliqué la situation. Des négociations sont en cours sous la coupole, on les dit très tendues.
C'est mon deuxième mois d'avril à Berlin où je ne vis que depuis 8 mois (pour comprendre cette incroyable affirmation, reportez-vous à mon autobiographie, non encore écrite à ce jour), et je puis affirmer en ma qualité de correspondant maintenant permanent que les règles sont bien suivies, et les ordres, plaisir de l'organisation allemande, sont bien reçus. Le déshabillage général est dans les starting-blocks. Les jupes couinent d'impatience. Les hauts-qui-montrent-le-dos tentent une sortie, on aurait même aperçu quelques tétons pointer sous des tissus légers, mais ce sont des témoignages non confirmés.
Dernière chose, l'Amour a par contre totalement disparu de la ville. D'aucuns disent qu'il se serait réfugié en forêt, d'autres qu'il aurait passé la frontière polonaise. Une interview avec un des grands spécialiste de la question, Herr Frollendo, a donné lieu à cette réponse dont nous vous laissons le loisir de l'interprétation
"Parti au lac. Si je lui met le grapin dessus, je le noie".
Mesdames, messieurs, bonsoir.

This page is powered by Blogger. Isn't yours?