12 mars 2012
Ouiski, SPV et homéoputes
Oui cher lecteur je t'aurais tout fait. Après la baveuse opinion politique, l'hommage au mort.
Mais bon. Giraud. Moebius. Blueberry est toujours ma bédé préférée du monde. Vous pouvez garder vos saloperies américaines, manger vos mangas (bon, pas tous, je m'emporte) et vous nettoyer les fondements avec vos lignes belges. Et la bédé dite indé m'a jamais semblé vraiment toucher cette grâce-là non plus. La grâce du premier amour je suppose. Le spectre aux balles d'or et son romantisme herzoguien halluciné, quel esprit un tant soit peu normal (c'est à dire agité) peut se remettre d'une lecture pareille ? Et Ballade pour un cercueil ? Et Angel Face ? Tellement relues (le re ici indique plutôt la répétition en elle-même que la seconde occurrence de lecture, on l'aura compris) qu'elles ont tracé dans mon psychisme un sillon indélébile. Et que dire de l'Incal ? Le "grand spectacle politique" du nouveau clonage présidentiel ? Les télé-ads ? Le crédit sexuel de la région parisienne ? Deepo ? Kill tête de chien et son oreille trouée par cet idiot de Difool ? Les aristos des niveaux supérieurs de la ville-puit ? Ah putain. RIP.
07 mars 2012
ai(4)
ai à l'heure où j'écris ces lignes quasi-envoyé le PDF de Berlin Sampler à l'imprimeur. Version anglaise pour une sortie berlinoise en collaboration avec le magazine anglophone Exberliner. Légère panique des dernières rererelectures d'un manuscrit dans une langue non maternelle. Soirée de lancement, interviews, discussion publique avec un "pannel" de gens qui savent (et il y a du beau monde de prévu, assez pour faire pipi dans sa culotte) : le Lessour va avoir du boulot de représentation. Il semblerait qu'il y ait pas mal d'intérêt aux premiers contacts que nous avons eu avec des journalistes et autres. Nous verrons. Semaine d'emails dans tous les sens et de coups de fils de calage des derniers détails avec différents intervenants (graphiste, imprimeur, exberliner).
ai lu une bonne moitié du Retromania de Simon Reynolds qui est très bon. Le premier véritable essai sur le délire 2000 monomaniaque global pour le passé. Particulièrement en musique, en musique pop, qui fut pendant des décennies le lieu du présent exclusif. La disponibilité de la musique numérique est en train de tourner la popmusique entièrement vers la fascination pour elle même. La pop des débuts parlait de sexe et d'aventures intimes, la pop des années 2000 ne parle plus que de pop. Elle n'invente plus, elle se contente de faire joli. Elle se classiquise. Elle se jazzifie. Elle est en grand danger de se racornir et de sentir mauvais.
De l'ipod, de youtube et des périls de cette abondance pour l'économie esthétique. Je me découvre pas mal des traits de la passion-du-passé des années 2000 (Berlin Sampler d'ailleurs...) mais pas tous (j'ai toujours refusé d'avoir un ipod et je n'ai jamais vraiment eu de disque dur plein de machins que je n'écoute pas. Je JETTE même assez régulièrement les choses que je télécharge...), la faute peut-être à mon grand âge. Le livre ne juge rien, il constate avec pas mal d'humour et beaucoup du fond de vieux briscard de la critique rock. Reynolds a des goûts plus large que moi mais son vieux passé post-punk et raver me parle beaucoup (parle à ma nostalgie). Au bout du compte je crois que nous souffrons de la même maladie : la nostalgie du futur. Du temps béni (des nineties pour moi, du punk et des nineties pour lui) où nous avons cru que le passé n'existait plus. C'est ma retromania à moi en tout cas.
ai tombé - à propos du passé - sur un scan de Acéphale, la revue de Georges Bataille où écrivait avec lui des petits plumitifs comme Roger Caillois. Faisons fête à la mort et faisons de la mort une fête. Ce sera encore la meilleure façon de nous venger de la trahison de la vie. Ce genre de choses. Réédité par Jean-Michel Place qui avait déjà fait Le surréalisme au service de la révolution. Quel beau métier. Je me l'offre dès que possible.
ai récupéré le programme de Mélenchon qui m'a fait mal. ça m'apprendra ! Mais j'irai à son meeting du 18 mars puisque je serai à Paris pour le (fuckin) salon du livre.
ai lu une bonne moitié du Retromania de Simon Reynolds qui est très bon. Le premier véritable essai sur le délire 2000 monomaniaque global pour le passé. Particulièrement en musique, en musique pop, qui fut pendant des décennies le lieu du présent exclusif. La disponibilité de la musique numérique est en train de tourner la popmusique entièrement vers la fascination pour elle même. La pop des débuts parlait de sexe et d'aventures intimes, la pop des années 2000 ne parle plus que de pop. Elle n'invente plus, elle se contente de faire joli. Elle se classiquise. Elle se jazzifie. Elle est en grand danger de se racornir et de sentir mauvais.
De l'ipod, de youtube et des périls de cette abondance pour l'économie esthétique. Je me découvre pas mal des traits de la passion-du-passé des années 2000 (Berlin Sampler d'ailleurs...) mais pas tous (j'ai toujours refusé d'avoir un ipod et je n'ai jamais vraiment eu de disque dur plein de machins que je n'écoute pas. Je JETTE même assez régulièrement les choses que je télécharge...), la faute peut-être à mon grand âge. Le livre ne juge rien, il constate avec pas mal d'humour et beaucoup du fond de vieux briscard de la critique rock. Reynolds a des goûts plus large que moi mais son vieux passé post-punk et raver me parle beaucoup (parle à ma nostalgie). Au bout du compte je crois que nous souffrons de la même maladie : la nostalgie du futur. Du temps béni (des nineties pour moi, du punk et des nineties pour lui) où nous avons cru que le passé n'existait plus. C'est ma retromania à moi en tout cas.
ai tombé - à propos du passé - sur un scan de Acéphale, la revue de Georges Bataille où écrivait avec lui des petits plumitifs comme Roger Caillois. Faisons fête à la mort et faisons de la mort une fête. Ce sera encore la meilleure façon de nous venger de la trahison de la vie. Ce genre de choses. Réédité par Jean-Michel Place qui avait déjà fait Le surréalisme au service de la révolution. Quel beau métier. Je me l'offre dès que possible.
ai récupéré le programme de Mélenchon qui m'a fait mal. ça m'apprendra ! Mais j'irai à son meeting du 18 mars puisque je serai à Paris pour le (fuckin) salon du livre.
29 février 2012
J-60 ou à peu près
Mélenchon.
Pour le moment le seul qui me semble tenir un discours raisonnable (Et en plus son blog est bien tenu. Son décryptage des 75% d'impots de Hollande est assez savoureux. effets de seuil, ridicule de la différence entre la tranche de 45% d'impôts pour 100 000 euro et de 75% à 999 999+1 etc.).
je ne parle pas d'un discours de "colère" type "sortez les tous" (c'était pas très heureux). non je crois qu'il tient un discours raisonnable. La bonne gestion a changé de camp. L'abstentionnisme PS ne fait pas une politique (et je ne mentionne plus le vichysme des autres). J'ai une certaine sympathie pour le professionnalisme politicien doux et semble-t-il non cupide de Hollande. Mais pas non plus d'adhésion. Mélenchon a le mérite de se refuser aux coups de massues qu'on inflige aux gens sous le masque du bien gouverner. Et de faire de l'anti-fascisme clair. La situation de la Grèce enfin me semble un enjeu capital. Quelques soient les torts des refuseurs de payer l'impôt, ce qui s'y passe relève de la plus grosse faute morale européenne depuis la pantalonnade ridicule du canal de Suez. Le coup de la punition humiliante. Le bonnet d'âne. Le refus de la souveraineté. Je suis pas sûr que le "vivre ensemble" puisse s'en relever. Ils brûlent des drapeaux nazis devant l'ambassade d'Allemagne là-bas (et "Berlin juge "inacceptable" le manque d'entrain des Grecs à se faire aider" titre le journal crypto-marxiste Le Monde). Quant à la rationalité économique du remède (baisser salaires et prestations sociales pour augmenter la compétitivité industrielle d'un pays dont l'économie est basée sur le tourisme) du haut de mes compétences limitées cela me paraît tenir de la saignée en médecine (je ne sais pas où j'ai piqué cette image mais oui je l'ai piqué). C'est quoi le but ? Installer des foxconn locales, réinventer un lumpen-lumpen petit prolétariat ?? Pouvoir fabriquer pour rien au sein de l'UE ? Faire à terme la compète du moins-disant social avec les Philipines ou le Vietnam ? Oh, la belle idée !
Evidemment je réserve mon jugement pour la suite.
Ici à Berlin je n'ai jamais parlé autant de politique, bizarrement.
Pour le moment le seul qui me semble tenir un discours raisonnable (Et en plus son blog est bien tenu. Son décryptage des 75% d'impots de Hollande est assez savoureux. effets de seuil, ridicule de la différence entre la tranche de 45% d'impôts pour 100 000 euro et de 75% à 999 999+1 etc.).
je ne parle pas d'un discours de "colère" type "sortez les tous" (c'était pas très heureux). non je crois qu'il tient un discours raisonnable. La bonne gestion a changé de camp. L'abstentionnisme PS ne fait pas une politique (et je ne mentionne plus le vichysme des autres). J'ai une certaine sympathie pour le professionnalisme politicien doux et semble-t-il non cupide de Hollande. Mais pas non plus d'adhésion. Mélenchon a le mérite de se refuser aux coups de massues qu'on inflige aux gens sous le masque du bien gouverner. Et de faire de l'anti-fascisme clair. La situation de la Grèce enfin me semble un enjeu capital. Quelques soient les torts des refuseurs de payer l'impôt, ce qui s'y passe relève de la plus grosse faute morale européenne depuis la pantalonnade ridicule du canal de Suez. Le coup de la punition humiliante. Le bonnet d'âne. Le refus de la souveraineté. Je suis pas sûr que le "vivre ensemble" puisse s'en relever. Ils brûlent des drapeaux nazis devant l'ambassade d'Allemagne là-bas (et "Berlin juge "inacceptable" le manque d'entrain des Grecs à se faire aider" titre le journal crypto-marxiste Le Monde). Quant à la rationalité économique du remède (baisser salaires et prestations sociales pour augmenter la compétitivité industrielle d'un pays dont l'économie est basée sur le tourisme) du haut de mes compétences limitées cela me paraît tenir de la saignée en médecine (je ne sais pas où j'ai piqué cette image mais oui je l'ai piqué). C'est quoi le but ? Installer des foxconn locales, réinventer un lumpen-lumpen petit prolétariat ?? Pouvoir fabriquer pour rien au sein de l'UE ? Faire à terme la compète du moins-disant social avec les Philipines ou le Vietnam ? Oh, la belle idée !
Evidemment je réserve mon jugement pour la suite.
Ici à Berlin je n'ai jamais parlé autant de politique, bizarrement.
27 février 2012
ai (3)
ai glissé sur ce American Progress de John Gast en faisant quelques recherches sur le concept de révolution industrielle pour mon papier sur la musique (industrielle). Notez l'absence de noirs (le progrès ne s'occupe pas de ses esclaves), et bien évidemment la sainte trouille des sauvages devant la beauté appolinienne terrible de l'Europe qui va leur mettre une sacrée raclée. Victoire des forces du Livre sur la nature et ses sauvages. Vers l'Ouest.
ai découvert l'existence d'un des plus grands succès de l'histoire du cinéma américain, The Jazz Singer (1927), un des premiers films parlant (chantant). Le héros, fils de Rabin rejeté par son père pour avoir chanté dans un bar, finit par se réconcilier avec lui en chantant les prières traditionnelles sur son lit de mort. Le public blanc découvre une spiritualité dans le jazz qu'Al Jolson chante maquillé au cirage. Ce masque qui paraît ultra-offensant maintenant a été vu à l'époque comme un véritable pas de rapprochement avec les damnés de la terre américaine. Les afro-américains de l'époque ont aimé Al Jolson. Et les blancs l'ont plébiscité. Cinquante ans après le "progrès américain", il fallait en fait redéfinir la notion d'américain en y incluant le noir. Le jazz passait du statut de negro music à celui d'american music. Toute l'identité occidentale vacillait sur son piédestal.
ai vu Still Life de Jia Zhangke, film de croisements amoureux dont le véritable personnage principal est le barrage des trois gorges, ou plutôt la vallée qui sera bientôt noyée et le processus de mise en ruines. C'est très bon.
ai écouté Golden Disko Ship, un berlinoise qui fait parler d'elle en ce moment (et enregistre avec Faust). Mitigé je suis.
ai piraté mon premier livre. Mon père m'a offert à noël une liseuse que je n'utilise encore que très peu. En tant qu'éditeur je voulais me tenir au courant. La machine est confortable à la lecture mais je ne suis pas encore hyper convaincu. Résultat je n'ai en deux mois que téléchargé quelques bouquins du domaine public (au Canada) : un NIetzsche, un Bernanos, un Poincarré. Je n'en ai fini aucun, j'ai importé la culture du zapping dans la liseuse. Et maintenant j'ai envie de me faire l'énorme saga fantasy du Trone de fer (j'ai beaucoup aimé la série. Et ça fait bien longtemps que je n'ai pas lu de fantasy). Elle n'existe pas en français en version électronique, pas dans l'offre légale. Mais le fichier piraté est à deux clics. C'est ce que je craignais : l'industrie a créé un monstre qui va la bouffer du dedans. Pirater un truc aussi "hollywoodien" ne m'a pas paru moralement trop contestable. Je l'ai fait sans trop y réfléchir parce que je voulais lire ce bouquin, et que ses 5000 Pages ou à peu près convenaient parfaitement à l'électronique. Les livres ne pèsent rien. Il n'y aura pas de megaupload du livre. Le FBI ne n'aura rien à débrancher. Les chances de freiner le trafic sont nulles. Et les éditeurs vont eux-mêmes créer les fichiers électroniques (qui sont quand même particulièrement pénible à créer à partir d'un livre. Ripper un dvd est facile, mais scanner six cent pages...). Suicide en direct. Les auteurs sans moyens marketing n'en sortiront pas gagnants. Les petits éditeurs vont en chier. Tout cela pour un objet qui coûte cher et dont le confort ne vaut pas le livre. Son seul avantage, embarquer plein de bouquins en peu de place. Est-ce suffisant ?
On peut par contre espérer des usages d'écriture qui vont s'adapter au nouveau médium. Quand l'écriture sera véritablement pensée avec son outil de diffusion alors la technologie aura servi à quelque chose. On en n'est pas là. Et je ne suis pas sûr que ce soit la liseuse qui va permettre ce genre de chose. Le smartphone risque bien de gagner la compétition de la créativité numérique. Je dis ça vu de loin. J'ai un samsung à 20 euros. Ce qui fait de moi un néo-luddite.
23 février 2012
ai (2)
ai fait mon affiche de campagne de la france forte, un poil trop cryptique pour être drôle, je le crains. De toute façon, rien ne vaut la Francfort avec la saucisse à la place du nez.
ai d'ailleurs, sur un emballage tombé d'un camion en pleine Donaustrasse, découvert que saucisse se disait Sosis en turc. Un carton entier de Sosis d'Adana ou d'Anatolie je ne sais plus, avec une photo orange
ai fait mes adieux à mon ami Guillaume. Une de mes grandes amitiés locales. L'est partie en Corée pour deux ans. Nous avons dans la grande tradition pris de la schnouffe et bu des bières avec le JB très tard cette nuit. mélancoliques et tout. ILs ont passé de la musique funèbre dans le café et nous nous sommes englué dans le Beyrouth et le Johnny Cash. C'était une soirée trainante. Guillaume n'arrivait pas à se décider à en finir. Nous étions tous épuisés. C'est là une des difficulté avec ma conception peut-être un peu tordue de la loyauté, je me devais d'avoir cette "dernière" sortie avec lui, même si je sais qu'on se reverra dans pas si longtemps. C'était presque rituel. Résultat, j'ai les yeux de Gollum aujourd'hui. Guillaume me manquera. C'est un garçon qui use de peu de mots mais très très souvent des bons. c'est assez fou comme il fait mouche. son incapacité à organiser sa vie est aussi gigantesque que son intelligence est vive. je n'ai jamais vu un tel appart' chez un plus de vingt ans. Décrire son taudis prendrait une vie de romancier. C'est aussi une des seules personne au monde que je connaisse qui quand il rentre quelque part fait cet effet aux femmes. Elles le veulent. Elles minaudent. Elles ont chaud partout. Elles cherchent des solutions d'approche. Le temps que vous évaluiez la situation de votre oeil semi objectif (et totalement jaloux) quatre le supplient au téléphone de leur laisser un créneau entre 2h et 3h si c'est jouable. Je l'ai vu de mes yeux vu. C'est le Théorème. Je me demande si l'équilibre de la balance érotique de la ville ne risque pas d'être rompu par son séjour en Corée. Le marché des amants semi-régulier va totalement s'ouvrir, la bulle risque d'éclater. Une énergie libidinale féminine pourrait noyer Berlin. Tsunami Cyprine. Les vautours affûtent déjà leurs ailes et leurs cous décharnés et se préparent à la curée.
ai été commissionné par Mouvement pour un petit article sur la musique industrielle. Au début je me suis dit "pffff been there, done that", depuis à peu près 1992. Puis finalement je me suis dit que bon pourquoi pas. Ma vie est une éternelle répétition, c'est tout. D'autant que cela va me servir pour mon autre projet. L'article commencera à peu près par ces mots, peut-être un tantinet excessifs mais raides et beaux comme la justice : "La mécanisation de la mort est le substrat réel de l'industrie de masse".
Je ne sais pas si je pourrais y régler de façon définitive la question de la quelle des deux chansons est la plus flippante de l'univers : Frankie Teardrop ou Hamburger lady ? Bon il existe en fait depuis les années 70 moults autres trucs flippants et technologiquement bien plus rèches. Mais peu atteignent ce "je ne sais quoi" comme disent les américains. J'ai toujours eu un faible pour Frankie. Qui tue ses enfants et sa femme qu'il ne peut plus nourir avec son travail à l'usine et hurle ensuite à la mort pendant environ six minutes à s'en décrocher les poumons. Hamburger Lady c'est la femme cramée dans un accident de bagnole (je crois). Plus subtile dans son horreur. J'avais en mes années 94/95 pondu au quatre pistes cassette avec un petit synthé et une disto un morceau "Hamburger Baby" qui confrontait les babils un peu ralentis d'un enfant avec des notes graves du clavier poussées dans la disto. J'en étais très fier. Un certain Denis J. qui fût mon boss à la fin des années 90 a perdu l'unique cassette master dans un de ses week end à la campagne. Je ne peux je suppose que l'en remercier.
En bonus pour ceux qui sont d'humeur gothique. Je ne parle pas ici de gothique de petites frappes qui se la racontent avec des cols chauve-souris. Je parle de l'odeur glacée de la vermine qui rampe et se multiplie sous votre peau. Le murmur d'horrur de la mrt vr
ai d'ailleurs, sur un emballage tombé d'un camion en pleine Donaustrasse, découvert que saucisse se disait Sosis en turc. Un carton entier de Sosis d'Adana ou d'Anatolie je ne sais plus, avec une photo orange
ai fait mes adieux à mon ami Guillaume. Une de mes grandes amitiés locales. L'est partie en Corée pour deux ans. Nous avons dans la grande tradition pris de la schnouffe et bu des bières avec le JB très tard cette nuit. mélancoliques et tout. ILs ont passé de la musique funèbre dans le café et nous nous sommes englué dans le Beyrouth et le Johnny Cash. C'était une soirée trainante. Guillaume n'arrivait pas à se décider à en finir. Nous étions tous épuisés. C'est là une des difficulté avec ma conception peut-être un peu tordue de la loyauté, je me devais d'avoir cette "dernière" sortie avec lui, même si je sais qu'on se reverra dans pas si longtemps. C'était presque rituel. Résultat, j'ai les yeux de Gollum aujourd'hui. Guillaume me manquera. C'est un garçon qui use de peu de mots mais très très souvent des bons. c'est assez fou comme il fait mouche. son incapacité à organiser sa vie est aussi gigantesque que son intelligence est vive. je n'ai jamais vu un tel appart' chez un plus de vingt ans. Décrire son taudis prendrait une vie de romancier. C'est aussi une des seules personne au monde que je connaisse qui quand il rentre quelque part fait cet effet aux femmes. Elles le veulent. Elles minaudent. Elles ont chaud partout. Elles cherchent des solutions d'approche. Le temps que vous évaluiez la situation de votre oeil semi objectif (et totalement jaloux) quatre le supplient au téléphone de leur laisser un créneau entre 2h et 3h si c'est jouable. Je l'ai vu de mes yeux vu. C'est le Théorème. Je me demande si l'équilibre de la balance érotique de la ville ne risque pas d'être rompu par son séjour en Corée. Le marché des amants semi-régulier va totalement s'ouvrir, la bulle risque d'éclater. Une énergie libidinale féminine pourrait noyer Berlin. Tsunami Cyprine. Les vautours affûtent déjà leurs ailes et leurs cous décharnés et se préparent à la curée.
ai été commissionné par Mouvement pour un petit article sur la musique industrielle. Au début je me suis dit "pffff been there, done that", depuis à peu près 1992. Puis finalement je me suis dit que bon pourquoi pas. Ma vie est une éternelle répétition, c'est tout. D'autant que cela va me servir pour mon autre projet. L'article commencera à peu près par ces mots, peut-être un tantinet excessifs mais raides et beaux comme la justice : "La mécanisation de la mort est le substrat réel de l'industrie de masse".
Je ne sais pas si je pourrais y régler de façon définitive la question de la quelle des deux chansons est la plus flippante de l'univers : Frankie Teardrop ou Hamburger lady ? Bon il existe en fait depuis les années 70 moults autres trucs flippants et technologiquement bien plus rèches. Mais peu atteignent ce "je ne sais quoi" comme disent les américains. J'ai toujours eu un faible pour Frankie. Qui tue ses enfants et sa femme qu'il ne peut plus nourir avec son travail à l'usine et hurle ensuite à la mort pendant environ six minutes à s'en décrocher les poumons. Hamburger Lady c'est la femme cramée dans un accident de bagnole (je crois). Plus subtile dans son horreur. J'avais en mes années 94/95 pondu au quatre pistes cassette avec un petit synthé et une disto un morceau "Hamburger Baby" qui confrontait les babils un peu ralentis d'un enfant avec des notes graves du clavier poussées dans la disto. J'en étais très fier. Un certain Denis J. qui fût mon boss à la fin des années 90 a perdu l'unique cassette master dans un de ses week end à la campagne. Je ne peux je suppose que l'en remercier.
En bonus pour ceux qui sont d'humeur gothique. Je ne parle pas ici de gothique de petites frappes qui se la racontent avec des cols chauve-souris. Je parle de l'odeur glacée de la vermine qui rampe et se multiplie sous votre peau. Le murmur d'horrur de la mrt vr

